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Actuellement un style de dessin domine la Bande dessinée, c’est le dessin enlevé’  rapide, on privilégie le coté jeté du dessin, le croquis, on va à l’essentiel, pour faire passer l’idée. Ce style écrase tout dans le domaine humoristique, des Trondheim  à Sfarr en passant par Larcenet  , pour en citer l’élite. Mais Il s’impose aussi en réalisme avec l’arrivée de dessinateurs venus du story-board comme le talentueux Stéphane Levallois où l’évolution de dessinateurs réalistes qui vont vers l’épure. Un auteur comme Christophe Blain aurait pu opter pour un dessin plus figuratif, il a fait le choix d’un dessin expressif et rapide, au demeurant formidable, Isaac le pirate est pour moi une superbe réussite.

 Alors reflet d’une époque ?  à époque qui va vite dessin rapide et vite fait ? s’il s’agit bien du reflet de la période c’est davantage en nécessité  d’adaptation à l’économie du livre qu’il faut voir l’évolution de ce genre de graphisme.
. Ce style actuel n’est en fait que la conséquence de la situation de l’édition de BD. Beaucoup de ces auteurs sont sortis de la pépinière de l’Association. Petit éditeur au départ, donc peu de moyens financiers, nécessité pour les auteurs de travailler vite, des pages, en noir et blanc, peu chères à imprimer etc.… Ceci a donné Marjanne satrapi  et tous les autres, pas de place là pour des auteurs passant la semaine sur une planche. Dans un deuxième temps avec la fièvre jamais démentie de surproduction des  albums, les maisons d’édition, tente le coup avec  de nombreux jeunes auteurs, sans vraies rémunérations. Là  aussi nécessité fait loi, c’est vers la rapidité et le coté enlevé du dessin que l’on se précipite, avec l’avantage de pouvoir réaliser un deuxième album avec une attente modeste pour le lecteur dans l’hypothèse ou il y aura tome deux, chose rare.

La pub ne s’y trompe pas dans une période ou l’on affiche dans les entreprises le souhait de ne communiquer qu’à l’essentiel avec un budget minimum, ce style de dessin commence à bien s’installer.

Mais ceci n’est pas nouveau .Le style de Moebius ou de Philippe Caza, le fameux mélange : petits traits, petits points, vient de la découverte, par ces artistes ,de l’illustrateur américain Virgil Finlay, grand illustrateur de sciences fiction des années cinquante,qui travaillant pour les « pulps « sur papier plus que bas de gamme avait mis cette technique au point pour obtenir le plus d’effets possibles ,dégradées, ombres et lumières ,sans jamais avoir à utiliser autre chose qu’un point ou trait en noir pur ,pour pallier la mauvaise qualité de l’imprimerie de son époque.
Voilà comment le style de Moebius découle de l’économie de papier des magazines américains des années Cinquante.

On me citait il y a peu un célèbre ,directeur de collection de chez Glénat se plaignant qu’il « n’y aurait bientôt plus de dessin réaliste »
Si c’est le cas ce n’est pas parce-que les lecteurs n’en demandent plus , les  galeristes de  BD comme Maghen ou 9ème art font leur prédilection de ce type de dessin et notamment de la couleur directe, et constatent que c’est là ,la demande du public d’aujourd’hui. Si c’est le cas c’est parce que les maisons d’édition n’investissent plus dans ce style trop onéreux et  jugé  moins rentable.





Terpant (sept cavaliers T2)  Sfarr -Trondheim  (Donjon T1)

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